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Randonnée : Luberon et Haute Provence (04)

Les pénitents des Mées

Les Mées

niveau de la randonnée

Accès aux péntitents des Mées

 

Accès à la randonnée :

Prendre la A51 jusqu'à la sortie 20 Les Mées. Prendre la D7A sur 2 kilomètres jusqu'au village. Laissez votre véhicule sur la place de l'Eglise des Mées.

 

Vue sur les Pénitents

Itinéraire de la randonnée :

Contourner l'église par la droite en prenant la rue de la Liberté. A la sortie du village, longer la D4 sur 20 mètres par la gauche (marque jaune), avant de prendre la petite route goudronnée qui monte à gauche ....
La suite du topo en :


 

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Randonnée en Provence

 

Carte de la randonnée :

 

 

En savoir plus sur la Pénitents des Mées :

 

Le comblement du bassin de Valensole s’arrêt il y a 3 millions d’années. Au niveau des Mées, une épaisse couche de poudingue (100 mètres) longue d’un kilomètre est enchâssée dans ce comblement. Pendant des milliers d’années la Durance cette rivière tumultueuse lors des périodes de réchauffement attaque le poudingue et commence son travail d’érosion en venant buter contre cette couche particulière situé aux Mées. Elle va créer ainsi une haute façade verticale orientée au nord-ouest. Les différentes périodes glaciaires vont accentuer le délitement du poudingue. De fortes précipitations vont terminer le travail par une érosion verticale en entaillant les parties les moins résistantes.
Ce sont les effets conjugués d’une érosion latérale et verticale qui ont formés ces formes coniques que l’on appelle les Pénitents des Mées. Mais l’érosion continue son travail de sape, et il n’est pas sûr que dans quelques milliers d’années, ces Pénitents conservent le même aspect qu’aujourd’hui.

 

La légende des Pénitents des Mées

 

Cela se passait au temps où les Sarrasins avaient envahi la région provençale. Ils s'étaient installés dans les collines à Peirempi entre Buech et Jabron et faisaient régner la terreur dans les villages environnants. Quelques seigneurs du voisinage dont Bevons de Noyer et Rimbaud des Mées décidèrent d'attaquer le camp des Sarrasins. Ce qui fut fait par une nuit sans lune. La surprise et la détermination des seigneurs eurent raison des envahisseurs après une lutte courte mais très intense. Au matin, après avoir nettoyé la place, et chassé ou bien passé au fil de l'épée leurs ennemis, ils entrèrent dans le château. Quel ne fut pas leur étonnement lorsqu'ils trouvèrent dans une grande chambre, sept belles mauresques terrorisées, qui demandaient grâce... Il n'était point question de les tuer, les chevaliers ne tuent pas les dames. Ils se consultèrent et il fut décidé que ce serait Rimbaud des Mées qui se chargerait de les expédier par radeau sur la Durance jusqu'au pays d'Arles où là-bas les autorités décideraient de leur sort en temps et heure. Rimbaud avec ses gens et ses sept captives prirent donc le chemin des Mées. Cependant durant le périple, le sang bouillant et exalté du beau et fringant guerrier aviva en lui des sentiments bien humains. Les grands yeux noirs et tristes des belles mauresques firent le reste. Il prit prétexte que la Durance était un peu grosse et qu'il était dangereux de s'embarquer pour retarder le départ de quelques jours et il enferma les prisonnières dans sa vaste demeure entre Dabisse et Oraison. Ce qui s'est passé dans cette maison, personne ne le sut jamais au juste mais on pouvait facilement le deviner. Rimbaud, qui d'habitude partait toujours à la chasse ou bien était à parcourir ses terres ne quittait plus la demeure. Le long des chemins, à la fontaine, au four comme au lavoir, on ne parlait que du seigneur Rimbaud enfermé avec ses sarrasines. Ce scandale commençait à faire grand bruit dans le pays. Le prieur de l'abbaye de Paillerols décida d'aller parler à Rimbaud. Ce dernier ne voulut rien savoir ni entendre et renvoya le prieur sans aucun ménagement ni égard pour sa personne. On pensa alors que ce pauvre Rimbaud avait été envoûté par ces femmes orientales à la beauté incomparable et qu'elles lui avaient fait perdre la tête par quelque sortilège dont elles avaient le secret. Rimbaud commençait à avoir toute la gent féminine de la noblesse du voisinage contre lui. Ces nobles dames et damoiselles ne comprenaient pas ce qu'il pouvait bien trouver à ces femmes à la peau presque noire. C'était inconcevable ! Il décida une nuit de ramener ses mauresques en cachette de tous dans son château des Mées. Il fut ainsi tranquille pendant quelques jours, le temps que ses gens s'aperçoivent du changement, ce qui ne tarda pas à se produire bien entendu. La situation devint très grave. Les femmes ne passaient plus devant le château sans se signer de peur d'attirer sur elles le malheur. C'est sûr, le seigneur était victime d'un maléfice pour héberger ces femmes sous son toit. Le prieur de Paillerols revint à la charge un nouvelle fois accompagné de son collègue, le prieur de Saint- Michel. Rimbaud exaspéré et hors de lui leur répondit qu'ils feraient mieux d'aller chanter les vêpres et les matines plutôt que de s'occuper des affaires du château. Alors là, pour le coup le prieur de Paillerols faillit s'étouffer de colère et de rage contre Rimbaud. Le menacer de cette façon, c'était outrageant pour lui et il brandit l'arme de    l'excommunication. Rimbaud eût bien envie d'envoyer les deux religieux dans la Durance, mais il se ravisa à temps . Il comprit que là il s'attaquait à plus forte partie de lui et qu'il n'arriverait plus à contrôler ses vassaux s'il continuait dans cette voie. Malgré sa peine, car il s'était attaché à ses belles mauresques, il ne put que céder. Alors le prieur, dans le but d'humilier Rimbaud décida d'un stratagème : prendre à témoin toute la population du pays. Il décida donc que le dimanche à venir, les sarrasines seraient conduites à pied jusqu'à la Durance devant tout le pays rassemblé le long de ses rives. Le jour convenu arriva, tout le monde était en bordure du chemin et faisait une haie pour les laisser passer. Les moines de Paillerols et de Saint-Michel étaient un peu plus haut sur la colline. Les lourdes portes du château s'ouvrirent et les sept mauresques apparurent. Tout le monde était sous le choc, on entendit même comme de profonds murmures d'admiration. Les hommes étaient comme hypnotisés. Décidément, qu'elles étaient belles ! Admirables ! Les rumeurs étaient bien fondées ! Les coeurs des moines se mirent à battre sous les scapulaires, leurs yeux étincelèrent. Mais de l'autre côté de la Durance, le Grand Saint-Donat l'ermite de Lure surveillait ses ouailles et comprît ce qui allait se passer. Il fallait agir vite pour préserver les moines du péché. C'est alors qu'il les pétrifia tous sur place dans leur robe de bure. Même le prieur de Paillerols a conservé sur la poitrine sa croix de bois que l'on peut voir encore aujourd'hui accrochée au rocher..."

 

Source : D'après "Lei pénitents dei Mès" d'Eugène Plauchud - 1897.


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